Marguerite Berger : « J'écris pour retenir ce qui s'efface »
La romancière, prix Femina 2023, ouvre les portes de son bureau parisien et revient sur trente ans d'écriture.

Il faut monter cinq étages sans ascenseur, rue de l'Odéon, pour la trouver. Marguerite Berger nous ouvre en pull marin, un stylo derrière l'oreille, comme si l'on venait la déranger au milieu d'une phrase.
Son bureau tient dans dix mètres carrés. Une machine à écrire, deux dictionnaires, un jeu de cartes usé. Rien d'autre.
« Écrire, dit-elle, c'est refuser l'oubli. Je ne fais pas de la littérature engagée : je fais de la littérature obstinée. Ce n'est pas la même chose. »
Nous parlons de son enfance à Sète, de son passage à Normale, de la mort de son mari il y a douze ans. Puis, longuement, du métier — de la phrase, de la ponctuation, de ce qu'elle appelle « la modestie du verbe ».
« Un livre bien fait ne console de rien. Il apprend à regarder. »


