Éléonore de Vigny : « Le luxe est de choisir ce dont on se défait »
Rencontre avec la philosophe et essayiste dans son appartement de la rue de Bourgogne.

Éléonore de Vigny nous reçoit un vendredi soir, dans le grand salon de la rue de Bourgogne. Une seule lampe. Une carafe d'eau. Elle parle bas, comme si les mots eux-mêmes exigeaient d'être ménagés.
Son dernier essai, La discipline du peu, paraît cette semaine chez Grasset. On y lit une méditation sur la sobriété, non comme privation, mais comme forme d'attention.
« Toute une génération, dit-elle, confond la liberté avec l'accumulation. On finit par ne plus savoir ce que l'on veut, parce que l'on n'a jamais eu à choisir. »
Nous parlons jusqu'à la nuit. Elle nous raccompagne sur le palier. Dehors, la rue s'est vidée.
« Le véritable luxe n'est pas de posséder, mais de choisir ce dont on souhaite se défaire. »


